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Partage en ligne : quels droits cédez-vous sur vos photos ?

Publié par Audrey Oeillet le jeudi 23 août 2012

Twitter : le cas Photobucket

Logo Twitter Bird
La plateforme de microblogging Twitter propose depuis l'année dernière d'envoyer des photos dans les tweets de manière transparente, sans quitter son site. Malgré cela, c'est bel et bien un service tiers qui se charge du processus : Photobucket. Mais avant de se pencher sur ce site en lui-même, explorons les conditions d'utilisation de Twitter :

« Vous conservez vos droits sur tous les Contenus que vous soumettez, postez ou publiez sur ou par l'intermédiaire des Services. En soumettant, postant ou publiant des Contenus sur ou par le biais des Services, vous nous accordez une licence mondiale, non-exclusive, gratuite, incluant le droit d'accorder une sous-licence, d'utiliser, de copier, de reproduire, de traiter, d'adapter, de modifier, de publier, de transmettre, d'afficher et de distribuer ces Contenus sur tout support par toute méthode de distribution connu ou amené à exister. » Twitter résume ensuite simplement « Cette licence signifie que vous nous autorisez à mettre vos Tweets à la disposition du reste du monde et que vous permettez aux autres d'en faire de même. »

Parmi les « Services » évoqués par Twitter se trouve donc celui qui permet d'envoyer des photos. A l'instar de Facebook, Photobucket annonce lui aussi que le contenu public proposé par un utilisateur est soumis à « une licence mondiale non-exclusive, libre de redevance (avec le droit de sous-licencier) pour la copie, la distribution, la présentation publique (par exemple via un streaming), l'affichage public (par exemple, une publication extérieure ), la reproduction et la création d'œuvres dérivées de celui-ci, n'importe où, que ce soit sur papier ou n'importe quel type de format électronique existant actuellement ou dans le futur, à toutes fins, y compris à des fins commerciales. » Une licence qui s'étend, en plus de Photobucket, à tous les utilisateurs du service, qui peuvent globalement faire ce qu'ils veulent d'un contenu diffusé publiquement. Le site donne l'exemple de l'impression de tee-shirts par le biais de services tiers.

Twitter photobucket

Paradoxalement, le fait que tout contenu publié en mode « public » puisse se retrouver exploité de façons multiples par la suite met l'utilisateur du service dans une position de garant vis-à-vis de l'appartenance de ce qu'il publie. « Lorsque vous le publiez, vous garantissez aux utilisateurs que le contenu vous appartient à vous et à personne d'autre, et que l'affichage et l'utilisation de votre contenu ne viole pas les droits de la vie privée, les droits de publicité, les droits d'auteur, les droits contractuels, les droits de propriété intellectuelle, les droits de l'homme ou de quoi que ce soit d'autre. » Le cas échéant, le service se dédouane de toute responsabilité : « Nous ne sommes pas responsables si ce n'est pas vraiment votre contenu ou si vous portez atteinte aux droits d'auteur ; vous serez responsable des frais éventuels. »

Mieux vaut donc faire attention à ce que l'on diffuse publiquement via Photobucket : la seule manière d'éviter l'accès à cette « licence mondiale non-exclusive » au service est de paramétrer les photos envoyées pour qu'elles soient « privées » et n'apparaissent pas dans les résultats de recherche du service. Problème : cette démarche ne peut s'effectuer que via le site de Photobucket, et n'est tout simplement pas accessible sur Twitter !

On peut enfin noter que le type de conditions appliquées par Photobucket se retrouve sur la plupart des services de partage de photos sur Twitter, comme Twitpic ou même Instagram qui, malgré son rachat par Facebook, n'a pas vu ses documents d'usage modifiés.

Comment limiter la casse ?

Photobucket
Les utilisateurs de Twitter qui ont l'habitude d'envoyer des photos sans quitter le service de microblogging vont devoir le faire pour « privatiser » leurs publications. Il faut pour cela se rendre sur Photobucket et s'y inscrire. A partir de cet instant, toutes les photos envoyées sur le service seront stockées dans un album : il est possible de passer celui-ci en mode « privé », ce qui sous-entend que tous les clichés stockés à l'intérieur ne seront pas indexés dans le moteur de recherche de Photobucket. Libre ensuite à l'utilisateur d'envoyer le lien aux personnes de son choix.

Mais attention à une subtilité de taille : la mention « privée » n'empêche pas toute la tweetosphère de voir une image publiée si son URL est partagée dans un tweet : une démarche qui enlève toute notion de « privé », souligne Photobucket. Pour la rendre vraiment accessible à un nombre restreint de personnes, il faut la protéger avec un mot de passe. En somme, à partir du moment où elle est partagée, elle tombe sous le coup de la fameuse « licence mondiale non-exclusive ». Une vraie fatalité dans la mesure où ce genre de service se focalise sur le partage, et n'a pas vraiment d'intérêt à être utilisé uniquement en cercle fermé.


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